|
Seuls
peuvent probablement comprendre ceux et celles ayant, voire partiellement,
vécu cette situation. Celui ou celle auquel on n'a jamais
fermé la porte et qui n'a jamais été traité
comme un problème ennuyeux
pourra difficilement
entrer en empathie avec ces enfants de la rue. Se mettre à
leur place et sentir l'ampleur du vide qui les tourmente est un
don de Dieu. Il n'est par conséquent pour nous pas étonnant
que nombreux soient ceux qui pensent que nous exagérons quand
nous essayons d'expliquer l'ampleur du dommage qu'ils ont subi et
ceux qui nous disent même qu'il suffit d'"un peu"
d'affection, d'apprendre un métier et de donner à
manger à volonté pour tout résoudre!".
Nous savons par expérience que même notre affection
ne suffit pas à remplir le cur d'un enfant qui ne se
sent plus aimé de Dieu parce qu'il a été abandonné
par les hommes
. Nous savons toutefois que le Centre de Solidarité
peut devenir l'occasion de comprendre profondément le sens
providentiel contenu dans autant de douleur: l'espoir peut renaître
chez ces enfants en leur donnant la force d'oser faire les premiers
pas vers la réconciliation avec Dieu le Père qui,
en réalité, ne les avait jamais abandonnés
mais a justement voulu en faire, au travers de leur histoire personnelle
si particulière, l'objet de son amour préférentiel.
Il s'agit là d'un mystère que la foi peut permettre
de comprendre à l'issu d'un cheminement long et difficile,
lorsque toutes les pièces du "puzzle seront placées
avec patience au plus profond du cur, en révélant
tous les aspects de l'association délicate "abandon
et amour, exclusion et prédilection" pour réserver
les premières places à eux justement, les derniers!
|